Kessel

✱︎ IA partout, Intelligence nulle part

New Year, same hustle. Demandez à Bob-GPT de traduire, ça au moins: c’est dans ses cordes. Une pensée pleine d’amour à un prof d’histoire-géo. Un jeune couvert de boue qui souffre dans la forêt, d’autres sous les flammes. Et si la promesse de 2026 ça n’était pas la souffrance, mais l’effort ?

Une brève histoire de temps
3 min ⋅ 30/01/2026

_ Edito.

Janvier, le mois des bonnes résolutions. Truc remarquable cette année: on est le 30 janvier et je n'ai pas -encore- dérogé aux miennes. Ça ne saurait tarder, je m'en fais pas.

Pourquoi cette déclaration d’amour à un prof d'histoire-géo totalement inconnu ? Rien à voir avec ce bulletin de seconde retrouvé par hasard avec cette mention en caractères suffisamment larges pour marquer l'exaspération "Sandra ne travaille pas du tout à la maison !". C'était très probablement vrai: scolairement, je n'ai jamais beaucoup fait d'heures supp'.
Le hasard a seulement voulu que je tombe dessus le jour où un rouquin a décidé d'étaler largement au monde son illettrisme à propos d'un bout de terrain glacé nommé Groenland. L'histoire est pas très drôle, c'est vrai. Sur le coup, ma première pensée à été pour celui, celle, ou ceux… qui se sont chargés de l'instruction du petit Donald dans ses jeunes heures. Et je me suis prise a espérer, vu l'âge canonique du machin, que ses enseignants étaient déjà morts (de vieillesse, s'entend) sans quoi c'est quand même le genre de truc à se dire qu'on a vraiment, -vraiment-, rien fait de bien de sa vie professionnelle.
Mais je suppose que c'est la souffrance d'un peu tous les profs, pour au moins une partie de leurs apprenants, et qu'ils se consolent avec ce bon sens qui veut "qu'on ne fait pas un cheval de course d'une bête de trait".

A coté de ça, dans la rubrique sacerdoce, mes fonctions de représentante des photographes au fond de formation des artistes-auteurs (avec tout plein d'autres créateurs, artistes etc. je vous raconte pas les interminables réunionites que ça donne) m'ont permis d'assister à la présentation d'un rapport visant à synthétiser les comportements des artistes face à l'IA et à quantifier ce que l'IA impliquait pour eux comme conséquences positives et négatives dans leur travail. Le rapport en lui-même était chouette (comprendre par là: réalisé de façon scientifique et dépassionnée).
Bon, inéluctablement, les échanges qui ont suivi étaient affligeants de médiocrité, de méconnaissance et de reprise sans discernement, à la fois des arguments des pires techbros-qui-ne-veulent-que-votre-bien-vu-que-l-IA-cest-lavenir et des tenants de cest-la-fin-du-monde -parfois par les mêmes individus- . Entre ça et les Monsieur-tout-le-monde (parfois monsieur-photographe) qui sur LinkedIn m'annoncent tous les 4 matins que je vais être remplacée par l'IA, j'ai comme l'impression que ces deux lettres sont devenues la carte magique à placer dès qu'on veut polariser l'opinion pour ne surtout pas se donner la peine de faire usage de notre intelligence humaine et avancer sur les dossiers.

Du coup, pour rester raccord, vous écopez d'une lettre sous le signe de la souffrance !
Mais comme je ne suis pas si monstrueuse, je vous en montrerai une autre forme : celle qui est liée à l'effort. Celle qui a une finalité, qui fait du sens. Celle qu'on est fiers d'être parvenus à dompter.

_ Une photo.


Stagiaires SFE dans la piste collective brancardage du CEFE.
Ref:4323-03-5072 | janvier 2023, Régina.

Direction la Guyane et le stage Spécialiste Forêt Équatoriale du CEFE : j'ai recroisé quelques AMF de là-bas dernièrement, ce qui nous a offert de convoquer quelques souvenirs ensemble !

Cette photo est prise à quelques mètres de celle qui m'a valu d'obtenir le prix Vermeille 2023, toujours sur la même piste collective brancardage. Quelques mètres à peine, mais trente-sept longues minutes plus tard !

Cette image montre à la fois celui qui a le sort le moins enviable du groupe : désigné par l'instructeur pour être fermement ligoté au tronc et transporté par ses camarades dans la boue et les obstacles, il n'a que l'occasion de penser à son impuissance et sa vulnérabilité. Et les autres, ses frères d'armes qui le portent et le supportent, douloureusement, ensemble, dans les fumigènes et sous le vocabulaire fleuri des moniteurs-forêt (jamais à cours de créativité quand il s'agit de trouver les mots qui motivent).

Évidemment, il y a souffrance, il y a même épreuve. Mais avant elle, il y a eu ce choix : celui de se porter candidat.

_ Quelques mots.

Ils viennent du plus grand homme de théâtre français, celui dont tous les profs de français ont soigneusement fait étudier les classiques à des générations d'élèves : Molière. (Et c'est Dom Juan qui les prononce !)

Tous les discours n'avancent point les choses. Il faut faire et non pas dire ; et les effets décident mieux que les paroles.

Molière

Ce dernier mois était calme : j'ai rédigé plus de cartes de vœux et de dossiers que je n'ai écrit online, mais il y a quelques trucs tout de même :

Le traditionnel bilan de l'année écoulée [LinkedIn], une remarque à propos de ce monde qui s'arrête quand la météo fraîchit [LinkedIn] et j'ai abîmé l'image du photographe solitaire sans peur et sans reproche, aussi [LinkedIn] #RAS

_ Un reportage.


Stage Exploration Longue Durée BSPP
Ref:2421-06 | juin 2021, région parisienne

Ce reportage, c'est la deuxième semaine du stage de formation initiale des sapeurs-pompiers du Groupe Exploration de Longue Durée des pompiers de Paris (GELD BSPP pour faire plus court, on comprend pourquoi !).
Après s'être familiarisés en semaine précédente avec le port de l'appareil respiratoire en circuit fermé BG4 au CETIS de Marseille, les stagiaires continuent à travailler la rusticité de leurs organismes et l'apprentissage de techniques et de matériels ELD. Au travers d'exercices dans les caissons fireflash de Villeneuve-Saint-Georges et du fort Briche, dans des caves à fumées, dans les galeries souterraines des catacombes parisiennes et même dans les tunnels du métro, ils font face à des situation variées animées par leurs formateurs, tantôt exigeants et tantôt bienveillants.

Au fil des jours, les automatismes commencent à être intégrés par le groupe, et l'ensemble des stagiaires est qualifiée à l'issue de cette session. Le Capitaine responsable de la formation clôture le stage avec cette déclaration "il faut rester humble, on vient tous du même moule, on a tous souffert. Le stage est dur, il est là pour vous mettre dans le rouge. Vous l'avez réussi avec brio. C'est bien, mais ça n'est que le début, il faut continuer. Vous avez le code, vous serez pilote quand vous aurez quelques bornes au compteur : soyez exigeants envers vous-même et envers vos camarades. C'est notre job d'arriver et de gérer des situations non-prévues. C'est ça les ELD."

_ Un aperçu.

Derrière les images ces derniers temps, il y avait : un Tigrou qui fait le malin, LA carte de vœux dessinée à la main qui a eu mon coup-de-cœur cette année, une photo backstage dans un cadre inhabituel, l'accueil de Mr. Chat en arrivant à la gare Montparnasse, une infusion en terrasse à profiter d'un soleil montagnard radieux, le même indispensable Tigrou qui cale une caisse de matériel précieux, et un sanglier philosophe au 4eRE #PasVuPasPris.

✱ That’s all Folks !

J’espère que cette lettre vous aura plu / détendu / intéressé et peut-être même fait découvrir des trucs ! Si vous avez un avis sur son contenu, vous pouvez me faire part de vos critiques, remarques et autres conseils d'amélioration à cette adresse : sandra.chenugodefroy@gmail.com

D’ici sa prochaine édition, vous pouvez me suivre sur LinkedIn ou sur Instagram

Une brève histoire de temps

Par Sandra Chenu Godefroy

_ Sandra Chenu Godefroy

Je suis photographe, passionnée, aventurière. 
Je suis spécialisée dans les domaines de la sécurité, l'armée, les secours, l'aéronautique; et je vous invite à me suivre au cœur de l’action, en immersion dans le sillage d'hommes et femmes engagés !

Mon métier de photographe est plutôt simple à définir : je raconte par l'image. Je consacre ma créativité, mon savoir-faire et mon expérience à (re)mettre l'humain au cœur du visuel et à l'immortaliser dans des photos qui font du sens, parfois dans des conditions extrêmes.

J’aime transmettre ces narrations au public, et c’est la raison pour laquelle je me risque à cette aventure de l’écriture et la tenue d’une newsletter ici. J’emploie évidemment aussi les autres canaux plus classiques que sont l’édition de beaux livres et les expositions photo (et, j’essaierai de vous en tenir informés dans cette lettre : se rencontrer en vrai et en 1.0 a du bon à l’heure du tout virtuel !)

Tout photographe qui essaye de représenter des êtres humains d’une manière authentique doit consacrer bien plus de cœur et d’âme dans sa préparation, qu’aucune photographie ne le laissera jamais transparaître.
– Margaret Bourke White

_ Solitaire mais pas isolée, je travaille toujours accompagnée de mon plus fidèle assistant : Tigrou

Lui même choisit assez souvent de faire appel à des assistantes, pour lui éviter des efforts trop intenses et lui permettre de se concentrer sur ce qu’il fait de mieux : des selfies et des petites remarques amusantes ou amusées sur son univers de travail !

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